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Nouvelles du jour
Les ressources intermédiaires : pas juste un milieu de vie, un milieu de travail aussi !
7 décembre 2009
- Anne Juanco


Martine Castonguay
Suite à l'article "Comment va la santé des personnes travaillant dans les ressources intermédiaires ?" écrit par Michel Bigaouette (ASSTSAS) et paru le 26 novembre 2009 sur notre site internet, Martine Castonguay, Directrice générale de l'ARIHQ, vous propose de lire sa réaction qui offre des nouvelles pistes d’action pour l’association.

 

Les ressources intermédiaires : pas juste un milieu de vie, un milieu de travail aussi !

L’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) représente près de 900 lieux d’hébergement pour plus de 9300 personnes adultes au Québec. Bien qu’évoluant dans un environnement très contrôlé en matière de qualité de services, nous connaissons encore trop peu la réalité de ces milieux de vie. Cette recherche réalisée par l’ASSTSAS et publiée sur notre site internet, nous présente des faits étonnants concernant des éléments de santé et sécurité au travail dans les ressources.

Qualité de vie au travail

Les résultats apportent de bonnes nouvelles pour les propriétaires de ressources intermédiaires (RI). Dans un contexte de rareté de main d’œuvre, la qualité de vie au travail peut très certainement agir comme moyen d’attraction pour de nouveaux employés et comme facteur important de rétention. D’autant plus que la comparaison avec leur plus important compétiteur pour la sollicitation de main d’œuvre les avantage largement sur de nombreux points. En effet, pour la totalité des indicateurs, les résultats démontrent de meilleurs résultats, par exemple concernant l’indice de détresse psychologique, alors qu’elle apparaît chez 5,1% des répondants en RI, on la retrouve chez 16,3% des répondants dans le réseau public de la santé et des services sociaux et chez 23,5% des répondants provenant des CHSLD publics plus particulièrement.

Le taux de satisfaction au travail s’élève à 95% comparativement à 86% dans le réseau et le plaisir au travail de 98% se différencie de façon importante d’un taux de 78% en CHSLD public.

En plus d’obtenir des données plus positives concernant la qualité de vie au travail, la prévalence des accidents de travail est notablement moins importante que dans le réseau public. Par exemple, de 3,4% en RI comparativement à 15,6% dans le réseau public et 30,6% dans les CHSLD.

Intéressé à comprendre les meilleurs résultats, Michel Bigaouette, chercheur de l’ASSTSAS, investigue différentes avenues. Il semble que la durée de travail est plus importante en RI que dans le réseau mais par ailleurs, la charge de travail est considérée moins lourde par les répondants et ils sentent avoir les moyens nécessaires pour faire un travail de qualité. Le personnel des ressources intermédiaires reçoit davantage de formations que dans le réseau public. Par exemple, plus de 50% des répondants ont reçu une formation sur la prévention des infections durant la dernière année alors que la proportion est de moins de 38% dans le réseau public.

Ils ont aussi plus d’autonomie pour agir sur leur environnement, près de 95% disent qu’ils ont leur mot à dire sur l’évolution de leur travail comparativement à 78% dans le réseau public. La conciliation travail-famille se vit plus facilement en ressources intermédiaires parce que l’organisation du travail y est plus flexible.

Plus de 90% des répondants en RI se sentent estimés et respectés dans leur travail comparativement à 66% dans le réseau public.

 

Des pistes d’action

Nous pouvons agir sur plusieurs éléments ayant des incidences sur la santé des personnes. Bien qu’ayant des meilleurs résultats que dans le réseau public, les taux de harcèlement et d’agression peuvent être diminués de même que les problèmes de sommeil. Comme beaucoup d’assistance pour les déplacements des personnes est nécessitée, nous pouvons veiller à diminuer les risques de blessures qui y sont associés. Très peu de RI ont accès à des appareils de déplacement.

Nous sommes légitimés de nous questionner quand aux coûts plus importants défrayés par les ressources intermédiaires en matière de sécurité au travail. Comment se fait-il que nous ayons à payer plus cher de cotisations qu’en CHSLD où les risques sont plus importants? Les résultats de cette enquête corroborent, en cette matière, d’autres résultats internes.

Même si les conditions de vie au travail sont nettement plus intéressantes dans les ressources intermédiaires, les conditions financières, elles, causent davantage d’insatisfactions. Tant les employés que les propriétaires estiment être insuffisamment rétribués pour leur travail. Cet élément devra sûrement être tenu en compte par le gouvernement lors de la reprise des négociations pour la prochaine entente avec les ressources intermédiaires.

Les résultats de cette étude nous montrent l’importance de poursuivre nos efforts afin de mieux connaître la réalité de ces milieux. Ce sera très certainement une de nos priorités pour les années qui viennent.