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La détresse des ressources intermédiaires : Des centaines de Maison Jean-Eudes-Bergeron en difficulté au Québec

Le vendredi 16 juin 2017 à Montréal

(LETTRE OUVERTE)

 

Depuis la publication de l'article de Patrick Lagacé, « Je ne retourne pas en CHSLD », d’autres ressources intermédiaires ont manifesté leur inquiétude. Hier, c'est un OBNL de la Gaspésie qui nous alarmait qu'en raison d'un déficit de 60 000 $, il devra fermer ses portes le 1er août prochain

La grande médiatisation du cas de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, a mis en lumière un problème flagrant qui prend de plus en plus d’ampleur depuis 2013. Le témoignage émouvant de monsieur Gino Lebel a éveillé la conscience populaire, relativement à l'importance des ressources intermédiaires, sur la qualité de vie et la dignité des résidents. Si le cas spécifique de la Maison Jean-Eudes-Bergeron semble connaître un dénouement positif, il ne faut surtout pas oublier que ce n'est pas un cas isolé : ce n'est que la pointe de l'iceberg! Attendons-nous à d’autres drames comme celui de la Maison Jean-Eudes-Bergeron.

Un outil de classification inadéquat

Les ressources intermédiaires d'hébergement, à mi-chemin entre les soins à domicile et l'hébergement public, permettent à des milliers de Québécois vulnérables, souvent atteints d'un handicap physique ou intellectuel, d'avoir accès à un milieu de vie humain et adapté à leurs besoins. La ressource intermédiaire prend la relève alors que certaines familles n'ont plus les capacités de s’en occuper. Cependant, en raison du financement insuffisant et d’un loutil de classification (Instrument de détermination et de clasification des services de soutien ou d’assistance) qui ne tient pas compte des besoins réels ni de la fréquence des services requis par les résidents, les petites ressources intermédiaires, comme la Maison Jean-Eudes-Bergeron, se retrouvent souvent dans une grande précarité.

Concrètement, la pérennité de près de 200 petites ressources est mise à risque de fermeture, et ce, de Gaspé à Gatineau en passant par Alma et Varennes. C'est dans tout le Québec qu’on subit cette injustice. Il ne faut pas ignorer que le problème est généralisé dans le réseau des ressources intermédiaires.

Nous réitérons notre offre de collaborer avec la ministre Lucie Charlebois afin de trouver des solutions et améliorer l’outil de classification pour ainsi assurer les services nécessaires à des personnes vulnérables en évitant le déménagement de centaines de résidents.

Prendre soin des personnes les plus vulnérables, dans le milieu des ressources intermédiaires, doit demeurer une priorité pour le gouvernement.

 

Cordialement,

 

Johanne Pratte
Directrice générale de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec