
Dès l’arrivée à la RI Levinschi, une chose frappe : le calme. Ouverte depuis près de deux ans à Verdun, cette Ressource Intermédiaire accueille dix-neuf adultes vivant avec des enjeux de santé mentale.
À sa tête, deux frères : Davidson Timothée, propriétaire et gestionnaire de la Ressource, et Josué Timothée, copropriétaire. Pour Josué, ce calme ne doit rien au hasard.
« Pour nous, c’est un peu le signal : il y a la cohésion, l’équipe se connaît, les résidents sont heureux. »
Un bâtiment transformé en milieu de vie
Autrefois occupé par des religieuses, le bâtiment appartient aujourd’hui à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. La Ressource Levinschi en est locataire dans le cadre d’un partenariat. Le bâtiment a une allure plus institutionnelle qu’une maison, ce qui posait tout un défi : en faire un véritable chez-soi.
Pari réussi, si l’on en croit les résidents. Plusieurs ont connu l’hôpital avant d’arriver ici, parfois dans une chambre, parfois sur une civière. Aujourd’hui, ils disent être contents de vivre dans une maison, et ils en sont fiers.
Trois salons accueillent les soirées film, les activités et les moments passés ensemble. Aux murs, des photos rappellent les sorties et les fêtes. De petits bureaux permettent aussi de discuter en privé, sans avoir à s’enfermer.
Au fil des mois, des liens se sont tissés entre les résidents. Une dynamique presque familiale s’est installée. Les plus jeunes, dans la trentaine et la quarantaine, prennent soin des plus âgés : ils demandent de leurs nouvelles et se montrent très protecteurs à leur égard.
L’autonomie au quotidien
« On ne fait pas nécessairement à leur place. On les accompagne dans leurs besoins », explique Davidson Timothée.
Chez Levinschi, les repas, la douche ou la lessive sont autant d’occasions de gagner en autonomie. À la buanderie, par exemple, l’équipe accompagne les résidents qui apprennent à utiliser les machines pour faire leur lavage eux-mêmes.
Chacun participe aussi à la vie de la RI à sa façon. Certains n’aiment pas laver la vaisselle, mais passent volontiers le balai. Rien n’est obligatoire, mais ceux qui mettent la main à la pâte se sentent un peu plus chez eux.
Cet accompagnement repose sur une bonne connaissance de chacun. Pour les situations qui se répètent, l’équipe peut s’appuyer sur des fiches de prévention qui indiquent comment intervenir. Mais ces repères ne remplacent pas le jugement humain.
« C’est trouver le juste milieu entre ce qui est établi sur la fiche, puis le ressenti humain », précise Davidson Timothée.
Avec le temps, l’équipe apprend à connaître les habitudes de chaque personne. Quand c’est possible, elle encourage aussi les résidents à apprendre à s’apaiser par eux-mêmes. Plusieurs connaissent d’ailleurs bien leur médication et n’hésitent pas à poser des questions.
Un milieu ouvert sur son quartier

L’intégration à la communauté fait aussi partie de la philosophie de la Ressource Intermédiaire.
Le 24 juin dernier, pour la Saint-Jean, un groupe de musique a joué sous un arbre du jardin et un buffet a été servi. Des résidents d’autres milieux de vie se sont joints à la fête avec les employés.
« La musique, ça vient vraiment chercher les gens. Ça crée des interactions, même entre les résidents », raconte Davidson Timothée.
La Ressource profite de grands espaces verts, où les résidents peuvent se détendre et se promener. L’équipe veille par ailleurs à entretenir de bonnes relations avec le voisinage, qui apprend peu à peu à connaître les résidents.
Vers la réinsertion sociale
Pour certains, la RI Levinschi est une étape. Le milieu s’inscrit aujourd’hui davantage dans une démarche de réinsertion sociale que de réadaptation. Récemment, un résident a d’ailleurs quitté la Ressource pour s’installer en appartement.
C’est dans les gestes simples du quotidien que ce chemin se prépare. Des gestes qui font de la RI Levinschi un endroit où l’on habite, où l’on évolue et où l’on se sent chez soi.




















