
La clientèle en Ressources Intermédiaires (RI) est composée de personnes vulnérables, souvent âgées de plus de 65 ans, qui peuvent présenter de multiples pathologies et recevoir une médication complexe. Ces facteurs réunis créent un terrain particulièrement favorable à l’apparition d’un fléau silencieux qui sévit en milieu d’hébergement : le délirium.
Dans son dépliant informatif, la Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées explique : « Le délirium est une perturbation grave et soudaine de la pensée. Il peut causer des changements dans la capacité d’une personne de rester alerte, d’utiliser sa mémoire, d’être orientée dans le temps et l’espace, de parler ou de raisonner clairement. »
En centre hospitalier, l’apparition du délirium est fortement connue, mais qu’en est-il de sa prévalence en hébergement? Selon le CIUSSS de la Capitale Nationale, de 25 % à 50 % des usagers sont touchés. Ouch! Et la prévention dans tout cela?
Selon Philippe Voyer, si la prise en charge du délirium n’est pas rapide et rigoureuse, l’usager peut conserver des atteintes cognitives pendant plusieurs mois. De plus, lors d’un ACV ou d’une chute survient en présence d’un délirium, une diminution marquée de l’autonomie fonctionnelle et un retard en réadaptation s’installent, augmentant ainsi la morbidité et la mortalité.
Urgence médicale, le délirium n’est pas lié au vieillissement normal! Selon Merck, s’apparentant à une démence mais fort différent, le délirium affecte l’attention, tandis que la démence perturbe la mémoire, provoquant un sous-diagnostic dans plusieurs cas.

Besoin d’aide!
Alexandre est coordonnateur d’une équipe de soins en RI. Les suivis approfondis des hospitalisations révèlent que plusieurs de ses patients souffraient d’un délirium lors de leur arrivée à l’hôpital. Souhaitant réduire ce triste constat et dépister plus efficacement pour éviter un transfert en milieu hospitalier, il souhaite offrir des soins avant-gardistes à ses patients et outiller son équipe à répertorier les symptômes précurseurs du délirium.
Cependant, force est de constater que les évaluations infirmières sont ardues et longues à réaliser pour certaines, et se prêtent de moins en moins à sa réalité en hébergement. Alexandre aimerait trouver un outil efficace, qui guide son personnel au niveau clinique et s’articule au travers des soins réalisés auprès de la clientèle sans provoquer de lourdeur pour ses équipes.
Les Québécois à la rescousse
Alexandre a trouvé la perle : R.A.D.A.R. (Repérage actif du délirium adapté à la routine), un outil qui répond adéquatement à toutes ses attentes et qui a été développé par des cliniciens québécois de l’équipe du Pr Philippe Voyer.
Outil rapide : comportant seulement trois questions, le questionnaire se réalise en moins de 10 secondes! Une étude en Italie recommande d’ailleurs l’utilisation du R.A.D.A.R. en première intention pour dépister le délirium. Elle souligne sa sensibilité élevée de 95 % et sa spécificité de 80 %, ainsi que le fait que les évaluations plus approfondies sont réservées uniquement aux cas positifs.
Outil clinique qui guide le personnel : selon une étude réalisée en Israël, le R.A.D.A.R. a pour effet de sensibiliser le personnel infirmier à l’importance du délirium, renforçant ainsi la vigilance clinique.
Outil efficace : selon une étude réalisée en Espagne, le R.A.D.A.R. s’avère être un outil fiable pour identifier les résidents atteints de délirium, y compris ceux présentant des formes moins évidentes, comme le sous-syndrome du délirium.
Traduit en huit langues, R.A.D.A.R. est donc un outil répandu et utilisé par de nombreux cliniciens. Alexandre est convaincu que ses patients et son équipe pourront en bénéficier.
Facile, mais adapté à la routine?
La dernière préoccupation d’Alexandre : ne pas alourdir les tâches de son équipe de soins, déjà fortement sollicitée. Puisque R.A.D.A.R. se réalise pendant la tournée de médicaments, avec un temps d’exécution de moins de 10 secondes par patient, Alexandre confirme que le bon outil a été choisi.
Présentement, Alexandre est en cours d’implantation de Xpill Pro dans la résidence : une application connectée aux pharmacies communautaires, qui produit un FADM électronique, ainsi que les routes d’administration des médicaments pour le personnel.
Surprise : Xpill Pro intègre entièrement la fonction R.A.D.A.R. ! Alexandre constate qu’il peut programmer l’évaluation pour son personnel, qui sera en mesure de la compléter à chaque tournée de médicaments.
R.A.D.A.R. est adapté à la routine et s’insère facilement au travers de la tournée de médicaments, moment crucial de contact entre le patient et le soignant.
Boucler la boucle
Suite à l’implantation de l’évaluation R.A.D.A.R. lors des tournées de médicaments, Alexandre constate que le personnel est mieux outillé pour dépister et reconnaît plus aisément les symptômes liés à l’apparition d’un délirium.
La prévalence de délirium au sein de la résidence est en diminution, et les patients concernés sont désormais pris en charge rapidement, avant l’escalade menant à l’hôpital.
Intégré à Xpill Pro, R.A.D.A.R. est un incontournable clinique, le chaînon manquant qui doit être adopté dans tous les milieux de soins pour venir en aide aux soignants et offrir des soins personnalisés et adaptés à la condition évolutive des personnes vulnérables.
Priscilla Rhéaume, B. Sc. Infirmière
Gestionnaire des services professionnels et cliniques















