
Assurer la santé et la sécurité du travail ne relève pas uniquement de la conformité réglementaire. C’est d’abord un enjeu de gestion des équipes.
Dans les Ressources Intermédiaires, où les réalités humaines sont au cœur des opérations, la prévention des risques passe inévitablement par les gestionnaires : leur capacité à mobiliser, à structurer et à incarner les bonnes pratiques.
Depuis octobre 2025, avec l’intégration des risques psychosociaux dans les obligations de la CNESST, cette réalité est encore plus claire : la SST ne se limite plus aux environnements physiques, elle touche directement l’organisation du travail, les pratiques de gestion et la culture.
Selon la taille de votre organisation, les exigences de la CNESST varient. Vous pouvez consulter la documentation sur le sujet ici:
Au-delà de la distinction légale, l’enjeu est le même : structurer la prévention de façon cohérente et suivie.
Les facteurs de risques à considérer
Les risques en milieu de travail se regroupent en six grandes catégories :
- Risques chimiques : exposition à des produits dangereux, des médicaments, des produits ménagers, de la poussière.
- Risques biologiques : virus, bactéries, parasites.
- Risques physiques : manipulation ou déplacement de personnes, bruit, température, électricité, vibrations.
- Risques ergonomiques : postures, mouvements, aménagement du travail.
- Risques liés à la sécurité : chutes, équipements, environnement.
- Risques psychosociaux : surcharge liée aux absences ou aux remplacements de dernière minute, organisation du travail, conflits de travail, climat malsain, relations difficiles, fatigue de compassion, charge mentale.
Certaines catégories de risque sont plus faciles à repérer parce qu’elles sont visibles ou directement liées aux lieux, aux équipements ou aux tâches réalisées. D’autres, comme les risques psychosociaux, sont plus subtils. Pourtant, leurs répercussions peuvent être tout aussi importantes sur la santé des personnes, la mobilisation et la qualité des services.
Les risques d’agression : un enjeu à ne pas banaliser
Dans certains milieux, notamment selon le profil des personnes hébergées et les situations vécues au quotidien, les risques d’agression ou de comportements violents peuvent également constituer un enjeu important à considérer dans la démarche de prévention. Bien que ce risque ne se matérialise pas nécessairement chaque jour, la possibilité qu’une situation survienne demeure présente et exige une vigilance constante. Ses impacts peuvent être substantiels, tant sur la santé physique que psychologique des personnes concernées. Puisque le risque ne peut être complètement éliminé, il est essentiel que les ressources réfléchissent à des moyens concrets pour le limiter, tels que :
- mieux comprendre les situations qui précèdent les comportements à risque
- adapter les interventions au profil des personnes hébergées
- clarifier les procédures à suivre
- former et soutenir le personnel
- aménager les lieux lorsque nécessaire
- favoriser une communication efficace avec les partenaires impliqués.
Analyser les risques psychosociaux: un changement de posture en gestion
L’ajout des risques psychosociaux transforme profondément la manière d’aborder la santé et la sécurité du travail.
Ces risques ne se gèrent pas comme les autres : ils nécessitent une lecture fine des dynamiques de travail et des réalités vécues par les équipes.
On ne parle plus seulement de prévention des accidents, mais de :
- charge de travail mal répartie
- manque de clarté des rôles
- communication déficiente
- conflits non adressés
- manque de reconnaissance ou de soutien
Ces facteurs ont un impact direct sur l’absentéisme, la mobilisation, la rétention du personnel et la qualité des services offerts. Voici des signaux à surveiller chez les équipes.
| Ce qu’on observe | Ce que ça peut révéler |
|---|---|
| Retards, oublis, erreurs inhabituelles | Fatigue, surcharge, manque de clarté |
| Irritabilité ou tensions plus fréquentes | Stress, conflits non réglés |
| Isolement ou retrait | Perte de motivation, détresse possible |
| Plaintes répétées sur l’horaire | Charge mal répartie, manque de prévisibilité |
| Roulement ou absences en hausse | Climat difficile, épuisement, perte de sens |
Le rôle clé des gestionnaires dans la prévention
La prévention ne repose pas uniquement sur des outils ou des obligations. Elle repose d’abord sur les pratiques de gestion.
C’est à ce niveau que la démarche prend réellement vie dans le quotidien des équipes.
Concrètement, les gestionnaires jouent un rôle central pour :
Mobiliser les équipes
- Impliquer le personnel dans l’identification des risques.
- Valoriser leur connaissance du terrain.
- Encourager la communication sur les enjeux réels sur le terrain.
Intégrer la SST dans la gestion quotidienne
- Aborder les risques lors des rencontres d’équipe.
- Faire des liens entre SST et organisation du travail.
- Suivre les actions de prévention comme n’importe quel projet.
Clarifier les responsabilités
- Définir qui fait quoi dans la gestion des risques.
- Éviter les zones floues ou les angles morts.
- Assurer un suivi rigoureux.
Incarner la culture de prévention
- Donner l’exemple.
- Être cohérent entre les discours et les actions.
- Créer un climat de confiance.
Une démarche SST efficace n’est pas parallèle à la gestion : elle en fait partie intégrante.
Une démarche structurée…pour soutenir l’action
Une gestion efficace des risques repose sur une approche simple, mais rigoureuse:
- Identifier les risques présents.
- Évaluer leur gravité et leur probabilité.
- Prioriser les risques.
- Déterminer des mesures de prévention et de correction.
- Attribuer des responsables.
- Planifier les actions.
- Assurer un suivi structuré.
Pour évaluer la gravité de chaque risque identifié, attribuez une note de 1 à 3 :
- Gravité : quelles seraient les conséquences si le risque se matérialisait?
- Fréquence : à quelle fréquence la situation se présente-t-elle?
- Capacité d’agir : avons-nous un levier réaliste pour intervenir rapidement?
Les risques qui obtiennent les pointages les plus élevés deviennent les priorités du prochain mois.
Un outil concret pour passer à l’action
Vous ne savez pas par où commencer? Notre outil vous permet de faire un premier portrait de vos risques en équipe, de prioriser les actions et de garder une trace claire des suivis. Il peut être utilisé lors d’une rencontre de gestion, d’un comité SST ou d’un atelier de travail avec l’équipe.
L’outil vous permettra également d’attribuer des responsabilités claires et de suivre l’avancement des actions.
En conclusion : la stratégie des petits pas
La meilleure démarche SST, c’est celle qui est comprise, utilisée et suivie. Commencez petit : choisissez un risque prioritaire, nommez une action, attribuez un responsable et revenez-y dans un mois. C’est souvent comme ça que la prévention devient une vraie pratique de gestion — pas seulement un document de conformité.
Grâce à notre partenaire Viaconseil, les membres de l’ARIHQ ont désormais accès gratuitement à une Boîte à outils RH spécialement conçue pour accompagner les gestionnaires/propriétaires de Ressources Intermédiaires dans leur gestion de leurs ressources humaines.
Accessible dans la Zone membre de notre site internet, cette boîte à outils propose des exemples de questionnaires, de lettres et de plans pratiques. Les différents outils y seront ajoutés progressivement, en suivant le rythme de publication des chroniques RH.
Pas à pas, bâtissez une gestion RH solide et efficace!















