La franchise est un élément central de tout contrat d’assurance de dommages, qu’il s’agisse d’assurance automobile ou commerciale. Trop souvent perçue comme un simple montant à payer lors d’une réclamation, elle joue pourtant un rôle bien plus stratégique : elle influence la prime, l’accès à l’indemnisation, votre responsabilité financière et même votre comportement face au risque. Comprendre son impact permet donc de choisir une couverture mieux adaptée et d’éviter les mauvaises surprises au moment d’un sinistre.

Qu’est-ce que la franchise?

La franchise représente la portion des dommages que vous devez assumer vous-même avant que l’assureur n’intervienne.

Exemples courants :

  • Franchise automobile : 250 $, 500 $ ou 1 000 $
  • Franchise commerciale : 500 $, 1 000 $, 2 500 $, 5 000 $, 10 000 $ et 25 000 $. Variable selon le type de sinistre (incendie, dégât d’eau, inondation, tremblement de terre, etc.)

1.  Impact sur le coût de la prime

La franchise a un effet direct sur la prime annuelle :

  • Plus la franchise est élevée, plus la prime diminue.
  • Plus la franchise est basse, plus la prime augmente.

Pourquoi?
Une franchise élevée réduit la fréquence de réclamations mineures, ce qui diminue le risque pour l’assureur. En contrepartie, l’assuré assume une portion plus importante des dommages.

En règle générale :
Chaque fois que vous doublez votre franchise, un rabais d’environ 5 % s’applique sur votre prime (ex. : passer de 2 500 $ à 5 000 $ ou de 5 000 $ à 10 000 $). Ainsi, passer de 2 500 $ à 10 000 $ vous permettrait d’économiser environ 10 %.

En revanche, les hausses de franchises en responsabilité civile ne se traduisent généralement pas par une baisse de prime. Plusieurs raisons expliquent ce dernier point et pourraient faire l’objet d’une discussion avec votre courtier.

2.  Conseils

  • Examinez votre fréquence de réclamation et déterminez si l’économie réalisée sur la prime, comparativement au montant supplémentaire de franchise à payer, est avantageuse. Par exemple, si vous augmentez votre franchise de 1 000 $ à 2 500 $ et que vous économisez 500 $ par année, après trois ans sans réclamation, vous seriez gagnant. Si votre fréquence de réclamation est inférieure à une fois tous les trois ans, ce choix pourrait être un pari gagnant.
  • Environ 50 % des réclamations sont liées à des dommages causés par l’eau. Si votre assureur vous impose une franchise de 5 000 $ pour ces dommages et que votre franchise de base est de 1 000 $, vous payez une prime calculée selon cette dernière, mais vous risquez de devoir verser 5 000 $ dans 50 % des cas si une réclamation survient. Il serait probablement judicieux d’opter pour une franchise à 5 000 $ sur l’ensemble du contrat afin de bénéficier du rabais sur la prime.

3. Mise en garde

  • Vous devez avoir cette somme disponible en tout temps. Une franchise trop élevée peut entraîner un stress financier lors d’un sinistre imprévu. L’important est d’ajuster la franchise en fonction de votre réalité économique et de votre niveau de confort face au risque.
  • Une franchise mal choisie peut donner l’impression d’être bien assuré alors que la protection devient presque inutilisable pour les petits sinistres. Par exemple, avec une franchise de 10 000 $, plusieurs sinistres courants (bris mineurs, vol partiel, infiltration) ne seront jamais réclamés, car le montant est trop élevé.

4.  Impact sur la décision de faire une réclamation

La franchise influence votre comportement au moment d’un sinistre :

  • Pour un dommage de 700 $ avec une franchise de 500 $, la réclamation n’a parfois pas beaucoup de sens, puisque vous ne récupérez que 200 $.
  • Avec une franchise élevée, les assurés ont tendance à réparer eux-mêmes les petits dommages, ce qui évite des impacts négatifs sur leur dossier d’assurance.

Cela peut être un avantage, car éviter des réclamations mineures contribue à maintenir un bon dossier et à prévenir des hausses de prime.

En résumé, une franchise équilibrée permet de réduire la prime sans compromettre la tranquillité d’esprit. Je vous encourage à en discuter avec votre courtier d’assurance.

Steve Vaillancourt-Poulin, M.Sc.
Directeur, Assurance des entreprises – Développement des affaires
Courtier en assurance de dommages

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