À Saint-Jérôme, dans les Laurentides, le Centre de crise Pour une pause accueille temporairement les individus qui traversent un moment de détresse psychologique important. Porté par Ressources Santé LM, une entreprise privée qui offre des services de soins et de soutien à domicile, le Centre offre un milieu chaleureux et sécuritaire aux gens qui ont besoin de prendre du recul pour traverser le plus fort de leur crise.

Directrice du Centre, Valérie Bellemare a participé à sa mise sur pied avec la directrice de Ressources Santé LM, Marie-Claude Léonard. D’abord lancé comme projet pilote, le Centre de crise serait, selon elles, la première Ressource Intermédiaire de ce type au Québec et demeurerait encore aujourd’hui la seule à fonctionner selon ce modèle. En décembre 2026, le Centre soulignera ses huit années d’existence.

Offrir une pause lorsque le besoin se fait sentir

Contrairement à la majorité des Ressources Intermédiaires, Pour une pause n’est pas un milieu d’hébergement à long terme. Le Centre de crise compte neuf places et accueille environ 350 personnes par année. La durée moyenne d’un séjour se situe entre cinq et sept jours, une période volontairement courte durant laquelle l’équipe se concentre sur l’apaisement de la crise et la recherche de pistes de solution pour la suite.

Les personnes hébergées vivent principalement une situation suicidaire, un risque de passage à l’acte ou un épisode ponctuel de grande détresse psychologique. Certaines feront appel au Centre une seule fois à la suite d’un événement particulièrement difficile. D’autres pourront y revenir à différents moments de leur parcours. Les profils accueillis sont également très variés sur le plan de l’âge, du milieu d’origine et de la provenance géographique.

Pour une pause dessert l’ensemble des Laurentides. Des personnes de Mont-Tremblant comme de Saint-Eustache peuvent ainsi être dirigées vers ses services. Les demandes proviennent notamment de professionnels, des hôpitaux ou du service Info-Social 811.

Pour répondre à la nature imprévisible des situations de crise, le Centre possède son propre mécanisme d’accès. Les demandes d’hébergement, les admissions et les départs sont traités directement par l’équipe, de façon autonome. Une personne peut donc être admise pendant les heures habituelles comme au milieu de la nuit, selon les besoins et les places disponibles.

Une équipe spécialisée présente en tout temps

Des intervenantes et intervenants sociaux sont présents au Centre 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Cette présence constante permet aux personnes hébergées de trouver du soutien au moment où l’angoisse ou les idées suicidaires deviennent plus envahissantes, peu importe l’heure.

Chaque personne bénéficie quotidiennement d’une rencontre individuelle avec un membre de l’équipe. Un plan de séjour, comparable à un plan d’intervention, est établi afin de déterminer les objectifs à poursuivre pendant l’hébergement et de suivre leur évolution. L’équipe tient également compte de la situation qui attend la personne à son retour à domicile. À cet accompagnement individuel s’ajoutent deux ateliers de groupe par jour, l’un en après-midi et l’autre en soirée. Animés par les intervenants du Centre, ils abordent différents sujets liés à la santé mentale et au quotidien. Les participants peuvent ainsi acquérir des outils concrets, mais surtout échanger avec d’autres personnes qui traversent des expériences semblables.

Une alternative humaine au milieu hospitalier

La mission du Centre de crise est d’offrir une solution de rechange à l’hospitalisation psychiatrique. Dans l’esprit de Valérie Bellemare et de son équipe, cette mission doit cependant prendre une forme bien précise : placer l’humain au cœur de l’intervention. Selon Marie-Claude Léonard, le réseau de la santé et des services sociaux accorde parfois plus d’importance aux exigences administratives qu’aux besoins réels de la clientèle. Ce faisant, plutôt que de centrer l’intervention sur un diagnostic, l’équipe travaille à partir des symptômes vécus par la personne et de sa situation particulière. Le Centre cherche ainsi à proposer un accompagnement moins stigmatisant, dans lequel la dimension psychosociale occupe une place centrale. Cette attention portée à l’individu s’accompagne d’une volonté d’offrir des services rigoureux et professionnels, dans le respect des normes et des lois applicables. Au Centre, on estime qu’une approche humaine ne peut être pleinement efficace sans une intervention méthodique.

Retrouver le contact humain

Dans un contexte où plusieurs services sont maintenant offerts à distance, le séjour au Centre de crise redonne une place importante au contact en personne. Pendant quelques jours, les personnes hébergées peuvent échanger directement avec des intervenants et côtoyer d’autres individus qui vivent eux aussi une période de détresse. Cette vie en petit groupe contribue à briser l’isolement. Elle permet aux personnes hébergées de constater que la crise psychologique peut toucher des personnes de tous les âges et de tous les milieux, nous explique Valérie Bellemare. Le simple fait de partager un espace avec d’autres individus traversant des difficultés semblables peut favoriser un sentiment de compréhension et diminuer l’impression d’être seul devant la situation.

L’environnement physique joue également un rôle important. Installé dans une maison unifamiliale, Pour une pause offre un cadre plus familial que celui d’un établissement. Les chambres et les espaces communs sont aménagés pour être aussi accueillants que possible, avec l’objectif de créer une atmosphère chaleureuse, conviviale et moins institutionnelle. Cette particularité peut faire une réelle différence pour certaines personnes ayant vécu des expériences difficiles ou traumatisantes en milieu hospitalier.

Offrir une pause pour mieux repartir

En offrant un hébergement de courte durée, une présence professionnelle continue et un milieu à échelle humaine, le Centre de crise Pour une pause occupe une place singulière dans le paysage des Ressources Intermédiaires. Son approche démontre qu’il est possible d’intervenir avec rigueur tout en créant un environnement chaleureux, personnalisé et moins stigmatisant.

Pendant quelques jours, le Centre offre aux personnes en détresse la possibilité de s’arrêter, de retrouver un contact humain et de traverser la période la plus aiguë de leur crise. Une véritable pause, non pas pour interrompre leur parcours, mais pour leur permettre de l’envisager autrement.

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