À l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS), nous conseillons les Ressources Intermédiaires pour la prévention. Depuis quelques années, nous avons notamment le privilège de vous accompagner dans la prise en charge des risques psychosociaux. Nos dernières chroniques en témoignent; soutien des collègues et des gestionnaires, reconnaissance au travail, autonomie, etc. Elles attestent des initiatives positives qui sont prises dans vos Ressources Intermédiaires. Vous organisez un repas pour l’équipe, vous remerciez des collègues pour leurs années de service, vous prenez toujours un moment pour saluer tout le monde; ce sont des facteurs de protection qu’il est pertinent et même essentiel de documenter lors de l’identification des risques psychosociaux.

Ces petits gestes ont même un effet sur les incidents au travail. En effet, « si une organisation doublait le nombre de personnes satisfaites en matière de reconnaissance au travail, elle pourrait voir une diminution de 22% des incidents de travail »[i]. Miser sur l’autonomie, le soutien et la reconnaissance est à la portée de tous. Que l’on soit gestionnaire, collègue ou bénévole, nous contribuons à notre environnement social.

Prenez-vous le temps de mettre en valeur vos collègues? Mentionner l’apport, les efforts et les résultats sont de belles marques de reconnaissance, que ce soit envers ses collègues, son supérieur immédiat ou autre. Il a d’ailleurs été démontré dans une étude de l’Institut O.C. Tanner (2023)[i] que lorsque les travailleuses et travailleurs se sentent valorisés et vus, ceci augmente de 674% l’engagement et de 559% la satisfaction au travail.

Offrir de l’aide, échanger des idées et demander conseil permettent de créer des relations significatives avec ses collègues. Le soutien que l’on peut recevoir ou offrir au sein de notre organisation a également un impact important sur l’esprit d’équipe et la collaboration. Avoir l’opportunité et la liberté d’organiser son travail est une forme d’autonomie qui permet à la fois de répondre au besoin et de stimuler la motivation. Il en est de même lorsqu’il est possible de choisir ses méthodes de travail, son rythme ou d’être sollicité lors de la prise de décision. Permettre à celles et ceux qui le souhaitent d’exprimer leur créativité, de diversifier leurs tâches et d’acquérir de nouvelles compétences contribue également à renforcer leur autonomie.

Prendre le temps de reconnaitre tous ces petits gestes permet de donner ou redonner du sens à notre travail. Déjà en 2006, l’Institut de Recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) publiait une étude sur le sujet[i]. En résumé, on pouvait y lire : « Pour que le travail ait un sens, il doit procurer de la satisfaction à la personne qui l’effectue, correspondre à ses intérêts, faire appel à ses compétences, stimuler le développement de son potentiel et lui permettre d’atteindre ses objectifs. Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre, offrir un travail qui a du sens dans un milieu stimulant représente un atout majeur pour attirer et retenir le personnel compétent ». Un concept toujours d’actualité presque 20 ans plus tard.

C’est sur ces belles paroles que je vous souhaite un sens marqué pour le travail extraordinaire que vous accomplissez tous les jours. Que vous soyez gestionnaire, collaborateur ou employé, trouver un sens à ce qui est accompli sur une base journalière est primordial, tant pour la santé psychologique de chacun que pour la santé collective de nos organisations.

[i] IRSST. (2006). Donner un sens au travail : promouvoir le bien-être psychologique. https://pharesst.irsst.qc.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=1547&context=rapports-scientifique

Vanessa Monterrey Dugré, conseillère en SST

Alexis Laliberter-Seyer, conseiller et SST

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